CSA ministériel des 8 et 9 décembre 2025 : Revalorisation IFSE, catégorie active en abattoirs, expertise, SEA, contractuels…

Le CSA ministériel était présidé par Cécile BIGOT-DEKEYSER, secrétaire générale du MAASA, accompagnée notamment de son adjointe Noémie LE QUELLENEC, de Flora CLAQUIN, cheffe du SRH et Luc MAURER, directeur adjoint de la DGER.

La CFDT-Agriculture était représentée par Emmanuel BISEAU (titulaire) et Anne BERTOMEU en tant qu’experte.

Revalorisation de l’IFSE, les opérateurs enfin mis dans la boucle ?

La secrétaire générale indique que le calendrier de mise en place de l’IFSE a été respecté. De plus, elle annonce qu’elle est très attentive à la situation des opérateurs.

Pour la CFDT la situation chez les opérateurs traine depuis longtemps, la CFDT-Agriculture souhaite des avancées concrètes et ne pas devoir redemander où cela en est à chaque instance. Si la secrétaire générale s’est montrée sensible à ce  sujet, la CFDT s’inquiète des annonces faites en parallèle chez les opérateurs… entre coups de pression vis-à-vis des représentants des personnels avec « soit vous êtes d’accord avec nos propositions, soit on ne réouvre pas le dossier revalorisation IFSE l’année prochaine »… ou encore, il y a l’argent pour une rétroactivité au 1er janvier 2025 mais le CBCM bloque… quant à l’ANSES, c’est le zéro absolu pour cette revalorisation pour 2025, 2026 probablement et ce depuis les annonces faites par le MAASA.

IFSE, le grand déclassement ?

La secrétaire générale a tenu à rassurer les organisations syndicales : selon son point de vue, il n’y aucun déclassement, quand bien même des agents ont pu passer d’un groupe 1 à un groupe 2. Il s’agit avant tout « d’une évolution de la cartographie, rien d’autre ». Elle rappelle que cela n’a aucune incidence sur les carrières et que tous les agents y ont gagné financièrement…

Pour la CFDT, sans relancer une lutte des classes, il est plus que visible que certains gagnent beaucoup plus que d’autres… la fin des compléments d’IFSE issus des bascules à l’IFSE ou des opérations de soclage de CIA réduit largement le « gain » d’IFSE attendu par certains agents.. On ne peut que regretter qu’il ne s’agisse pas d’un gain net pour les agents comme c’était le cas auparavant.

S’agissant d’une évolution de la cartographie, cela peut s’entendre mais les agents ne le perçoivent pas de cette manière et le sentiment de déclassement est bien présent.

Fonctionnaire bashing, la ministre réagit (enfin)

La secrétaire générale a tenu à souligner les propos forts de la ministre ces derniers jours, en soutien aux agents menacés voire agressés. Madame GENEVARD s’est exprimée sans équivoque devant les directeurs des DDI et les préfets mais aussi devant les syndicats agricoles pour dénoncer des faits inacceptables.

Pour la CFDT les propos de la Ministre sont à souligner, surtout qu’ils ont aussi été tenus devant les syndicats agricoles. Ses propos tranchent avec son silence assourdissant déjà constaté quand un président de syndicat agricole appelait à empêcher les agents d’effectuer des contrôles…

La CFDT-Agriculture continue de se battre pour les agents

Madame la Secrétaire générale a également évoqué, dans ses propos liminaires, le refus par la DGAFP du classement en catégorie active des agents en abattoirs.

Pour la CFDT ce n’est pas une fin en soit, il n’est pas question de « lâcher » sur le sujet car ces agents sont pleinement légitimes à intégrer la catégorie active. Si l’administration a proposé de communiquer les arguments avancés pour défendre la demande, il a surtout été demandé à avoir connaissance de la réponse de la DGAFP. On ne peut imaginer une réponse négative sans un minimum d’arguments fondés.

Budget : entre morosité et inquiétude

Concernant le budget, la secrétaire générale n’a rien pu annoncer vu que cela est (toujours) en train de se « jouer » à l’Assemblée nationale…

Pour la CFDT, la période politique incertaine, conjuguée à un budget particulièrement contraint, rend la projection à court et moyen terme difficile. Dans ce contexte, le PLF 2026 suscite des inquiétudes de notre part, en particulier :

  • L’annonce de 100 ETP en moins sur les programmes ministériels hors enseignement, alors que les missions demeurent inchangées ;
  • Des services RH en tension, des SEA toujours en difficulté, et la DNC qui continue de sévir.

Pour la CFDT-Agriculture, l’adéquation entre missions et moyens n’est pas assurée. Nous demandons des moyens adaptés aux missions, voire des missions adaptées aux moyens.

SEA, la CFDT-Agriculture encore et  toujours vigilante

La CFDT a évoqué la situation dans les SEA. Selon les retours qui nous ont été faits, la phase de télédéclaration semble s’être globalement bien déroulée, malgré des difficultés liées aux nouvelles modalités en lien aux terres à disposition. L’instruction PAC débute, sans aggravation notable par rapport aux années précédentes, mais les bugs informatiques persistent et les agents font preuve d’un professionnalisme remarquable.

Toutefois, la CFDT-Agriculture regrette :

  • L’opacité entourant la charte des SEA, élaborée sans concertation et sans retour à ce jour ;
  • L’absence d’information sur le plan d’accompagnement des SEA, notamment pour les structures en grande difficulté.

La CFDT-Agriculture demande :

  • La mise en place d’un groupe de travail ou un retour en CSA M sur la charte, incluant les modalités de suivi et d’évaluation ;
  • Une transparence accrue sur les dispositifs d’accompagnement.

La secrétaire générale a renvoyé le sujet vers le CSA Forêt-Agriculture.

Pour la CFDT, la crise des SEA n’est pas terminée. Nous resterons vigilants et porterons le sujet au CSA Forêt-Agriculture du 18 décembre.

Transition écologique au MAASA, ça avance malgré une ministre peu concernée ?

L’administration présente la stratégie qui se veut ambitieuse en faveur de la transition écologique.

Le document présenté est riche et dense. La CFDT-Agriculture retient en particulier les éléments suivants.

Au niveau national, six thématiques ont été identifiées dont deux concernent plus particulièrement le MAASA « mieux se nourrir » et « mieux préserver et valoriser les écosystèmes ».

Ces six thématiques sont déployées en vingt-deux chantiers dont deux sont pilotés par le MAASA, celui de l’agriculture et celui de l’alimentation.

L’objectif pour 2030 est une réduction de 12 millions de tonnes de CO2.

Les actions vers la transition écologique se font au travers de l’agriculture, par exemple via la mise en place de circuits courts, de l’agroécologie, de la limitation des produits phytopharmaceutiques, de la limitation des prélèvements d’eau…

Les mesures envisagées et les chantiers concernent aussi directement les agents, que ce soit en les formant aux enjeux écologiques, en réduisant (limitant ?) les déplacements qu’ils réalisent, en rénovant (et probablement en densifiant l’occupation des bâtiments), en introduisant des repas végétariens dans les cantines, en développant le tri sélectif …

Pour la CFDT la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique sont des sujets essentiels. Nous soulignons toutefois que certains points nuisent à la qualité de vie au travail des agents et que pour nous, la transition écologique et la qualité de vie au travail ne doivent pas s’opposer, bien au contraire.

Ainsi, réduire les déplacements ne doit pas se faire à l’excès et doit continuer à permettre aux agents de suivre des formations ou des réunions en présentiel quand c’est nécessaire.

De même réduire l’impact des bâtiments dans les émissions de CO2 est un vrai enjeu mais si cela doit se faire en densifiant à l’extrême, en « entassant » les agents, en créant du Flex office à tout va, des open spaces, des bureaux partagés à 3, 4, ce n’est pas souhaitable, loin s’en faut.

Toutefois cette présentation permet de voir que le ministère semble bien lancé sur ce sujet, que des actions sont mises en place… car de son côté, notre ministre prend parfois des positions opposées : la loi Duplomb par exemple ou sa volonté de réarmer l’agriculture française, en produisant toujours plus et en évitant soigneusement de dire qu’il fallait diminuer les émissions de CO2 d’origine agricole…

Cybersécurité : attention aux hameçons !

Pour la secrétaire générale le sujet de la cybersécurité est un enjeu crucial. L’État, dont le MAASA, est attaqué tous les jours même si les impacts de ces attaques sont quasi invisibles pour les agents. Pour le ministère, l’objectif est de protéger la collectivité de travail en tant que « structure » mais aussi de protéger l’agent dans sa vie personnelle.

La présentation est centrée principalement sur le « phishing » (hameçonnage en français) qui permet à un tiers via un lien frauduleux dans un courriel d’entrer dans les serveurs et outils informatiques du MAASA.

Il est ainsi prévu de réaliser des fausses attaques vers les agents et suite à cela, de proposer des formations obligatoires pour les agents qui auraient été piégés et de façon plus générale à tous les agents intéressés. Pour information, ce sont plus de 6000 courriels frauduleux qui sont signalés au service informatique chaque trimestre, le chiffre est important et la vigilance doit être de mise.

Pour la CFDT ce sujet est effectivement très important et la proposition de former les agents, qu’ils aient été piégés ou non, est essentielle. Il n’est cependant pas question de pointer du doigt les agents « piégés », l’administration a totalement rassuré sur ce point.

Expertise au MAASA, le CGAAER a rendu son rapport.

Le rapport du CGAAER avait pour objectif de répondre à la question de comment satisfaire les besoins d’expertise et de compétences rares des politiques du ministère de l’agriculture. La CFDT en salue par ailleurs le contenu riche et dense en informations.

Pour la CFDT-Agriculture, la question de l’expertise est surtout à ne pas négliger, au MAASA comme ailleurs. Ce sujet est d’autant plus prégnant que le rapport indique une pyramide des âges qui va rendre de plus en plus difficile (voire impossible) une transmission par compagnonnage, et nécessite donc une transmission via des réseaux d’expertise.

Tout d’abord la CFDT-Agriculture se félicite de la mise en place d’un réseau d’expertise, porté par la CFDT, en cas de crise, dont l’utilité n’est plus à contester comme par exemple dans la gestion de la DNC.

D’une façon générale la CFDT-Agriculture pense que la valorisation des experts n’est pas satisfaisante en termes d’avancement et en matière indemnitaire.

La CFDT-Agriculture a des propositions à faire sur cette thématique mais le format d’un CSA ministériel ne laisse pas le temps de pouvoir traiter en profondeur le sujet. Il convient donc de renvoyer cette thématique vers un groupe de travail ad hoc.

A titre d’exemples, la CFDT-Agriculture propose de :

  • Valoriser les spécialistes TSMA séniors en les classant en groupe 1 plutôt qu’en 2.1 ;
  • Valoriser les référents nationaux IAE et ISPV en groupe 1 plutôt qu’en 2 qui ne leur permet pas un passage à IDAE ou ISPV en chef ;
  • Réfléchir à un montant d’IFSE qui pourrait varier automatiquement en fonction de la durée exercée sur la fonction avec une référence à un niveau (débutant, confirmé, expert ?).

Ainsi la CFDT-Agriculture insiste pour (re)demander  :

  • La mise en place rapide des recommandations 4, 5 et 6 du rapport du CGAAER ;
  • Un récapitulatif du montant des enveloppes financières allouées aux DRAAF en vue des déplacements des personnes ressources ;
  • Un bilan de l’avancement et de la promotion des personnes ressources sur les trois dernières années ;
  • La mise en place d’un GT sur l’expertise car le sujet est vaste et c’est un enjeu majeur pour notre ministère technique.

Si la secrétaire générale a promis de revenir vers les organisations syndicales sur ce sujet, elle n’a pas vraiment ouvert la porte à un groupe de travail… la CFDT renouvellera donc sa demande.

Contractuels, des difficultés mais quelques progrès

Suite à certain nombre de questions des organisations syndicales, dont beaucoup provenaient de la CFDT, la secrétaire générale annonce une remise à plat de l’ensemble des sujets touchant aux contractuels avec l’appui des IGAPS notamment.

A la question de la CFDT sur les attestations de fin de contrat des contractuels, l’administration annonce qu’un travail sur une automatisation va être mis en œuvre. L’administration informe également qu’une task force a été mise en place afin de rattraper le retard.