La réunion est présidée par Maud FAIPOUX, accompagnée notamment de Nadine RICHARD-PEJUS (adjointe cheffe de service Ressources Humaines), Aline BOY (adjointe Bureau de la Transition pour une Production Agricole Durable), Philippe PAQUET (adjoint au directeur de programme SIAL), Vanessa HUMEL-FOURRAT (Sous directrice Service Sécurité Sanitaire des Aliments), Olivier DEBAERE (Directeur de projet chargé des épizooties), Emmanuelle LARIVIERE (Sous directrice Service du Développement Professionnel et des Relations Sociales) , Nicolas HOLLEVILLE (chef du Bureau des Établissements d’Abattage et de Découpe).
La CFDT-Agriculture est représentée par Anne JAMMES et Christophe CORNU.
En préambule, Maud FAIPOUX indique vouloir renouer le dialogue social en étant à l’écoute des propositions faites, en ayant, par exemple, décidé suite à la demande des organisations syndicales de passer sur un format d’une journée pour ce CSA Alimentation, ou par la co-construction de l’ordre du jour, ce dont la CFDT-Agriculture se félicite.
Cependant, il reste que ce premier CSA Alimentation de 2026 intervient après un premier report, lié à un « conflit d’agenda », renforçant le sentiment déjà bien installé d’un dialogue social au point mort, voire en recul. Comme évoqué dans notre déclaration liminaire (lire ICI), il « reste le constat amer de demandes répétées, d’échecs en matière d’avancées sociales, d’un quotidien professionnel toujours plus complexe pour les agents du ministère et ses opérateurs. »
La journée l’a confirmé sans détour : dans les services, les agents tiennent encore, malgré des conditions de travail qui continuent à se dégrader. Les crises sanitaires s’enchaînent, les missions s’empilent, et les réorganisations arrivent plus vite que les solutions. Sur le terrain, les collègues font le travail, souvent au prix d’heures non récupérées, d’une fatigue qui s’installe et d’une pression qui devient la norme. Combien de temps la vocation, la conscience professionnelle, permettront-elles de tenir l’édifice ?
Maud Faipoux ne nie pas les difficultés et se dit « pleinement consciente » de l’épuisement des équipes compte tenu de l’actualité particulièrement dense. Elle déplore la baisse de 50 ETP sur le programme 206, tout en rappelant qu’elle a tiré les conséquences liées à l’absence de la clause de revoyure en réduisant de 20 % la volumétrie de contrôles en remise directe. Elle indique également qu’une négociation est ouverte avec les représentants des DDPP, DRAAF et Préfets pour 2027, en particulier par un renfort du réseau d’experts. Elle réaffirme que ses services « vont se battre » sur l’obligation de moyens mais que « certains arbitrages nous dépassent ».
Pour la CFDT-Agriculture, la poursuite du “Moins de moyens, plus de missions” , même si un effort est fait sur le volet Remise directe, montre une fois de plus la déconnexion entre la DGAL et ses agents. Certaines régions, tels les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine ou l’Occitanie, vont devoir absorber une partie importante de l’effort. Sur le papier, cela s’appelle un ajustement. Sur le terrain, cela ressemble plutôt à un numéro d’équilibriste sans filet.
Stratégie ECO PHYTO 2030, ou comment mélanger les choux et les carottes…
Ce point fait l’objet d’une présentation par Aline BOY, adjointe au chef de bureau BTPAD. Il s’agit sur le papier d’une politique incitative portée par plusieurs ministères, le cadre d’action d’Ecophyto étant instauré et découlant d’une directive européenne. La stratégie pour 2030 acte un budget de 41 millions d’euros, contre 215 en 2024.
En région, le pilotage est réalisé par les DRAAF, à raison d’au moins un ETP dédié par structure, et la demande de moyens sera portée dans le projet de loi de finances 2027. Pour Maud FAIPOUX, « la maquette historique » a été complétée en 2024, via le PARSADA, et une trentaine de projets ont été lancés. Cette amorce significative est ensuite passée en rythme de croisière (50 millions d’euros programmés en 2026, 25 sur le programme 206, 25 par le CASDAR). Elle estime donc qu’il n’y a aucun renoncement, que les enveloppes ont été maintenues, et qu’il n’y a pas de rupture sur les moyens financiers afin de trouver des alternatives aux produits phytopharmaceutiques.
L’analyse de la CFDT-Agriculture diffère de celle faite en séance.
Ainsi, concernant le cadre européen, il était initialement prévu de passer de la directive de 2009 à un règlement, imposant des objectifs de réduction par pays. Un règlement s’imposant à un État, contrairement à une directive qui lui laisse le choix, Ecophyto serait sans doute passé de l’incitatif au réglementaire. Mais les négociations sur ce projet de règlement ont échoué…
Maud FAIPOUX insiste sur le fait qu’il n’y a pas de recul sur l’ambition, en arguant que l’indicateur mobilisé au départ avait « ses limites ». Raisonner en quantité n’avait pas de sens (un produit dangereux en petite quantité est aussi dangereux qu’un faible en grande quantité). L’indicateur NODU (NOmbre de Doses Unités, soit le nombre de traitements « moyens » appliqués annuellement sur l’ensemble des cultures, à l’échelle nationale) était considéré comme insuffisant, d’où le choix de l’indicateur européen qui a l’avantage de pondérer la quantité par un indicateur de dangerosité (HRI1). La courbe présentée en séance est celle d’HRI1. Pour Maud FAIPOUX, « on ne renonce pas » à la baisse de 50 %…
Pour la CFDT-Agriculture, ici, avec le HRI, on « change le thermomètre », et un savant tour de passe-passe s’opère. Auparavant, l’indicateur franco-français NODU donnait une idée des doses appliquées « au code postal ». Avec le HRI, les molécules retirées du marché sont coefficientées, donc en 2030, puisque les molécules les plus dangereuses (CMR) auront été retirées du marché, on pourra afficher que l’objectif est atteint ! Il existait également des NODU régionaux, intéressants pour que chaque DRAAF puisse se fixer un objectif régional de baisse. A présent, les DRAAF n’auront pas de HRI 1 décliné en région, rendant le monitorage quasi-impossible.
La CFDT-Agriculture regrette qu’il ne soit pas fait mention dans le support de l’absence d’atteinte de l’objectif initial de 50 % de réduction : ainsi, en 2008, on visait 50 % d’ici 2018, en 2015, on visait 50 % d’ici 2025, etc…
Notre organisation syndicale affirme également sa préoccupation pour l’environnement et la santé humaine dans un contexte de ré-autorisation de molécules (dérogations 120 jours notamment), entraînant un accroissement des ventes de produits phytopharmaceutiques depuis 2024, après une stagnation les quatre années précédentes.
Système d’information de l’alimentation, ou quand le BAMOSIAL devient BRAD
Ce point est présenté par Philippe PAQUET.
Pour Maud FAIPOUX, ce projet est celui d’une nouvelle organisation pour le SIAL, afin d’outiller efficacement les agents du programme 206. Elle ajoute que « ce n’est pas le sujet dont la DGAL est la plus fière », ce que confirment au quotidien les agents dans les services…
Les travaux engagés nécessitent une réorganisation profonde du service. Avec le déploiement du schéma numérique, le fonctionnement est revu dans son intégralité, afin de casser le mode « en silo » actuel pour passer à un SIAL plus « pilotable ». Et dans la foulée, exit BAMOSIAL, et bienvenue à BRAD (Bureau en charge des Ressources, de l’Assistance et de la valorisation des Données).
Le déploiement donne des objectifs communs à la communauté de travail, les agents et les équipes sont associés au développement, tous concourent à la réussite ou à l’échec des projets ; l’ambition affichée est un raccourcissement des cycles de production du SIAL pour les rapprocher des besoins des utilisateurs.
Une permanence hebdomadaire a été mise en œuvre depuis début avril afin d’entendre les agents impactés en administration centrale par ce projet, et répondre à leurs interrogations. Les nouvelles fiches de poste sont en cours de construction avec les agents, et chacun sera libre de repostuler ou non dans la nouvelle configuration. Si l’agent souhaite rester, il sera prioritaire. Dans le cas contraire, il devra solliciter un autre poste.
Des formations seront proposées pour permettre aux agents de s’adapter aux nouveaux outils numériques. Les différentes organisations syndicales insistent pour que du temps dédié soit accordé aux agents postés en abattoirs pour leur permettre d’assister aux formations.
Maud FAIPOUX insiste : « Cette démarche active de réorganisation est faite pour toute la chaîne de l’alimentation, afin de se donner tous les outils pour déployer un vrai plan de transformation ».
La CFDT-Agriculture, si elle salue l’annonce d’un effort significatif pour prendre en compte les problématiques liées à l’obsolescence ou aux dysfonctionnements des outils numériques du quotidien, regrette cependant que les renforts annoncés (13 en 2026 et 13 en 2027) soient constitués de « prélèvements » faits dans les DRAAF, à raison de deux ETP par structure dans les deux prochaines années.
Bilan de la PSU en 2025 et perspectives 2026, ou l’attente de la mission CGAAER et de ses propositions….
La présentation est faite par Vanessa HUMEL-FOURRAT.
L’objectif fixé à plus de 80 % de contrôles en remise directe pour l’année 2025 a été atteint, soit plus de 87 000 contrôles réalisés, dont 68 331 par les différents délégataires (91 % de la programmation initiale). Pour mémoire, l’année précédant la mise en œuvre de la PSU, 43 175 inspections avaient été réalisées par les agents du ministère.
Sur les denrées végétales ou d’origine végétale, 1510 contrôles sur les 2100 prévus ont été réalisés. 12 000 contrôles ont été effectués dans les établissements agréés.
En ce qui concerne les PSPC, le taux de réalisation est de 96 %. Mais concernant les PSPC en alimentation animale, le score est plus faible, car seuls 78 % des contrôles, qui ne sont pas délégués, ont été réalisés.
Le nombre d’inspections liées aux retraits/rappels est très supérieur à la prévision initiale, en raison de l’alerte sur les laits infantiles. A noter que la DGAL a allégé le nombre de contrôles sur les compléments alimentaires.
Quelques chiffres clés et remarques ont été présentés concernant les délégataires :
- Des différences notables de cotation (en particulier sur les notes B) sont observées en fonction des organismes délégataires,
- Des taux de fermeture plus importants sont observés chez VERITAS et INOVALYS, peut être en relation avec les régions dans lesquelles ils œuvrent,
- Un turn-over fort chez MERIEUX ET INOVALYS, mais sans conséquence observable entre le nombre de contrôles annuels par agent et le taux de turn-over.
Maud FAIPOUX indique qu’une mission du CGAAER va être diligentée au 3ème trimestre 2026, afin d’évaluer l’efficience de la délégation en remise directe. Elle insiste sur l’importance de cette évaluation, qui vise à anticiper sur la fin de convention actuelle, fin 2028 : que sera t’il décidé pour la suite, poursuite, arrêt, modification des périmètres de délégation… rien n’est décidé, et le rapport CGAAER sera là pour apporter un éclairage et faire des propositions.
Concernant les outils numériques, Maud FAIPOUX répond à une interrogation de la CFDT-Agriculture en indiquant que de nouvelles requêtes ont bien été créées dans DEDAL, mais que la DGAL s’est heurtée à un problème de licences. Celles-ci représentent un coût important, et il y a donc une nécessité de libérer des licences afin de les réattribuer.
Pour la CFDT-Agriculture, on en revient toujours à l’adéquation missions/moyens. Notre organisation syndicale attend de la mission CGAAER une expertise précise et factuelle sur les avantages et inconvénients de la délégation, y compris les effets induits par celle-ci depuis sa mise en œuvre dans le quotidien des agents du MAASA : travail administratif de relecture et correction, recontrôles, perte de sens…Nous attendons qu’elle fasse des propositions en adéquation avec les attentes de la société en matière de sécurité sanitaire des aliments, en s’appuyant sur les compétences existantes dans les services.
Situation sanitaire en santé animale, ou comment naviguer de crise en crise…
Ce point est présenté par Olivier DEBAERE.
Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) : 121 foyers en élevage, 30 foyers en basses-cours au 14 avril, le niveau d’alerte a été abaissé la veille du CSA Alimentation. La maladie a beaucoup circulé chez les migrateurs (grues au lac du Der cet hiver, forte mortalité). Les foyers ont été nombreux, mais très concentrés géographiquement et les services, de la Vendée et des Pays de Loire en particulier, très mobilisés. Le vaccin est un outil efficace, mais qui pénalise maintenant lourdement la filière « canards » car la prise en charge de l’État est moindre que précédemment. Il reste cependant un outil indispensable et complémentaire aux mesures de biosécurité. Le socle commun de financement est porté par l’État (DGAL pour les foyers et DGPE pour les pertes économiques).
Peste Porcine Africaine (PPA) : la France est actuellement indemne mais très largement menacée (premiers foyers en Catalogne, Italie et Allemagne). Il n’y a pas de vaccin existant, tout repose sur la prévention, avec l’application de mesures de biosécurité destinées à éviter l’entrée de la pathologie dans un élevage). L’État a financé 1800 audits volontaires et une formation d’auditeurs, essentiellement à destination des petits élevages. La promotion de ces formations à distance est faite par l’Institut Français du Porc.
Autres maladies : deux webinaires se sont déroulés les 9 et 10 avril sur les maladies de catégorie A, insistant en particulier sur les maladies émergentes (fièvre aphteuse en Grèce et à Chypre, clavelée, peste des petits ruminants en Roumanie, maladie de Newcastle…). Une vigilance particulière est portée sur les mouvements d’animaux qui vont se dérouler avant l’Aïd, ainsi que du matériel potentiellement infecté qui serait importé à cette occasion.
Olivier DEBAERE complète ses propos sur les modalités de gestion des épizooties majeures, qu’il compare à un mur de briques qu’il convient de conforter et de faire évoluer, en fonction des connaissances scientifiques et de leur évolution, des différents RETEX, de la réglementation… Il insiste sur l’importance de la veille sanitaire et de l’alerte, de mieux connaître l’état des menaces, et la nécessité d’anticiper les risques d’introduction en étant vigilant sur les menaces proches.
Pour lui, une règle absolue : l’éleveur doit assurer la surveillance de l’état de santé de ses animaux et prévenir sans délai son vétérinaire s’il observe des signes de maladies.
Maud FAIPOUX complète ces propos en indiquant qu’elle souhaite amplifier la réflexion sure « comment on agit » lors de l’émergence de maladies de catégorie A. Cette démarche devrait se faire en lien avec les assises du sanitaire animal. L’enjeu est de « complémenter les briques du mur » pour avoir un « kit de démarrage » lors de la survenue d’une crise.
La CFDT-Agriculture remercie Olivier DEBAERE pour son exposé très factuel sur la situation actuelle, et son écoute constante des préoccupations des équipes sur le terrain.
Elle a cependant fait état, dans sa déclaration liminaire, que « la crise DNC a révélé le manque chronique de moyens humains en service SPA, dans toutes les directions départementales touchées par des abattages ».
Notre organisation syndicale estime que la mise en place de renforts ponctuels, basés sur le volontariat, a ses limites. De même, des directions départementales ayant délégué le suivi financier à leur secrétariat général départemental, ont constaté de nombreux dysfonctionnements dans les paiements, notamment des actes vétérinaires, générant des appels à la grève chez les vétérinaires libéraux de plusieurs régions.
La CFDT-Agriculture s’interroge également sur les délais de versement des indemnités de gestion de crise, toujours en attente, et relaie de nouveau la problématique des nombreuses heures effectuées, des week-ends travaillés, qui n’ont jamais été récupérés, et pour lesquels certains agents de DDI ont fait l’objet d’un écrêtage, effectué de manière fort discrète et sans explication, lors des reports de début d’année sur CASPER.
Sur ce point, Maud FAIPOUX indique, suite à une question diverse posée par la CFDT-Agriculture, que les règles de récupération d’heures existent et qu’elles doivent être appliquées en local. En ce qui concerne l’indemnité de gestion de crise, elle précise qu’un recensement est en cours, dont les remontées sont attendues pour mi-mai. Si le contrôle budgétaire valide le dossier, la mise en paiement pourrait intervenir en juillet ou en août, avec trois paliers de modulation (800/1000/1200 euros).
Enfin, notre organisation syndicale tient à souligner, dans sa déclaration liminaire « le rôle très apprécié du réseau des experts de gestion de crise, notamment pour les enquêtes épidémiologiques » et émet à nouveau le souhait de voir ce réseau conforté.
Présentation du budget programme 206 pour 2026, ou l’art de croiser les doigts en espérant qu’il n’y ait pas d’imprévu….
Emmanuelle LARIVIERE présente ce point de l’ordre du jour.
On observe une sous-exécution sur 2025 de 38 M€, dont 15 concernent Ecophyto.
La loi de finances initiale de 2026 présente une diminution de 98 M€ au regard de la loi de finances de 2025. Des moyens supplémentaires ont été alloués sur les campagnes de vaccination (IAHP, FCO), dans le financement de la crise DNC, et pour des travaux de rénovation à l’ANSES.
Emmanuelle LARIVIERE évoque un « rabot transversal systématique », interministériel, de 6M€, sur les crédits du programme.
La diminution du volume de contrôles délégués et le coût moins important que prévu des mandats liés aux laboratoires agréés, ainsi que l’absence de réponse au marché relatif au mesurage de gaz dans les containers à l’import ont permis des économies substantielles.
Maud FAIPOUX estime la programmation « soutenable » malgré les crises. Des ressources exceptionnelles de 102 M€ venant du secteur Forêt-Bois de la DGPE et 33 M€ de fonds de concours (cofinancements européens) vont permettre de financer certaines dépenses de crise : 67M€ DNC, environ 35M€ pour la gestion du nématode du pin, 24 M€ pour crise IAHP 2025-2026 et de gérer le site de Petosse (stockage de cadavres de volailles dans le cadre de la crise IAHP). Cette situation de report croisé a été exceptionnellement autorisée par Matignon.
La CFDT-Agriculture fait la remarque que cette situation budgétaire est plus que fragile, et repose sur le postulat qu’il n’y aura pas de crise supplémentaire cette année, qu’elle soit animale ou sanitaire… ce que ne conteste pas Maud FAIPOUX, qui indique que la « copie du CBCM doit être soutenable ». Elle reconnaît que plus le temps passe, plus les marges de manœuvre s’amenuisent, voire disparaissent, et que pour cette année, on y arrive « par chance ». Une réserve de crise serait à prévoir pour pouvoir faire face et ne pas mettre en difficulté d’autres programmes, ce qui sera sollicité pour 2027.
Concernant le schéma d’emploi pour 2026, celui-ci est négatif avec 50 ETP de moins (soit 25 ETPT). Trois régions (Occitanie, Pays de Loire et Nouvelle-Aquitaine) vont être celles les plus impactées par la baisse de ces 50 ETP. Il est indiqué que deux de ces régions avaient été surdotées pour la gestion de crise IAHP, et qu’il s’agit essentiellement d’un rééquilibrage.
A noter également que le redéploiement discrétionnaire de 3 % des effectifs sous l’autorité des préfets a conduit à la diminution, depuis la mise en œuvre de la circulaire du 22 décembre 2021, de 9,3 ETP, dont 3 en 2026.
La répartition des ETPT est réalisée selon le modèle de la dotation d’objectifs, puis la « part des anges » est répartie après les dialogues techniques avec les DRAAF. Elle représente cette année environ 150 ETPT.
Une enveloppe est conservée, à la racine du programme, pour la gestion de crise et les ouvertures d’abattoirs.
A la question de notre organisation syndicale sur l’ambivalence entre des demandes sociétales fortes en matière de sécurité sanitaire, de protection de l’environnement, et des baisses constantes d’effectifs, Maud FAIPOUX répond que « c’est dommageable, mais que tout le monde doit contribuer à l’effort collectif ».
La CFDT-Agriculture se fait une nouvelle fois l’écho de l’inquiétude des services sur ces diminutions d’effectifs, ces « prélèvements » par les préfets, ces non remplacements qui pèsent lourdement sur les missions et démotivent les agents.
Campagne de recrutement pour les abattoirs, ou comment rendre attractif des métiers qui le sont peu….
Nicolas HOLLEVILLE présente ce point de l’ordre du jour, en évoquant le kit de communication.
La campagne de recrutement est basée sur trois axes : Mieux recruter, Mieux former, Améliorer les conditions d’exercice du métier.
En interne, une cartographie des départements présentant des difficultés de recrutement majeures dans les abattoirs a été initiée, et est actualisée chaque année. Cette cartographie permettra de mieux cibler les zones où il est nécessaire d’accroître le plan de communication.
Nicolas HOLLEVILLE précise que l’objectif est de créer des supports de communication facilement utilisables, et pouvant toucher un maximum de candidats potentiels : dans les forums ou salons des métiers, dans les lycées agricoles (BTS en particulier), sur les sites internet, mais aussi via des capsules vidéo qui présenteront les métiers de vétérinaire officiel et d’auxiliaire officiel.
Deux livrets sur ces métiers seront également finalisés au second semestre 2026, pour pouvoir être utilisés dès la rentrée.
Deux livrets présentant les missions des vétérinaires officiels (VO) et des auxiliaires officiels (AO) seront finalisés d’ici l’été. Des capsules vidéo de présentation des métiers et des vidéos duo VO/AO ont été tournées.
Si la CFDT-Agriculture salue l’initiative de créer une communication visant à générer de l’intérêt pour ces professions si méconnues, qualifiées dans les supports de « métiers utiles », où les agents « mettent leur savoir-faire au service de la sécurité sanitaire des aliments » et qui « protègent les consommateurs », elle relève cependant, dans sa déclaration liminaire, que « des missions affichées comme si importantes mériteraient a minima un traitement indemnitaire à la hauteur des responsabilités exposées… » Les agents en abattoir attendent (toujours) un vecteur indemnitaire spécifique qu’ils ne voient toujours pas venir….
Réponses de la DGAL aux questions diverses de la CFDT-Agriculture (ICI)
- RESET BREXIT : Maud Faipoux évoque un « inconfort » lié au RESET-BREXIT, les incertitudes restant entières sur le calendrier et sur le nombre de postes qui pourront être maintenus « au MAASA ou ailleurs », et complète ses propos en indiquant que « la trajectoire sera plus claire » après le sommet prévu entre le Royaume Uni et l’Union Européenne fin juin. Elle évoque cependant le fait, pour la première fois, que certains contrôles portant sur les animaux vivants (chevaux en particulier) seront maintenus, mais que la volumétrie restera « marginale ».
- CRISE DNC : Concernant la gestion de crise DNC dans l’Ariège, elle indique faire un point hebdomadaire avec la DDPP, et affirme sans ambiguïté son soutien aux vétérinaires et agents de l’État « bousculés » pendant la première phase de vaccination par des « antivax », exploitants isolés agissant en dehors de tout cadre syndical. Elle dit « regretter cette situation particulière qui perdure, où la science n’est plus entendue et écoutée », et précise qu’un « dépaysement est envisagé », avec l’intervention d’agents d’autres départements.
- GESTION DE CRISE : Si nous avons eu une réponse sur la question du maillage du réseau des vétérinaires sanitaires, la DGAL reste muette sur la recommandation de » réarmer les DDI » pourtant jugée comme primordiale par la Commission des Affaires Economiques du Sénat dans son rapport du 6 février 2026.
- PAIEMENT DES VETERINAIRES LIBERAUX : points levés avec engagement de rémunération accélérée. Maud Faipoux conçoit qu’il est nécessaire d’avoir une réflexion de gestion des paiements sur les actes, car les SGCD « sont déconnectés de la vie des services ». Elle dit réfléchir sur un renforcement liens SGCD/DDPP et rechercher également d’« autres pistes », dont en particulier, « pour la seconde campagne de vaccination en 2026, la faisabilité et l’opportunité d’une délégation d’une partie de la chaîne de paiement à l’ASP afin de fluidifier davantage le processus« , ce qui interroge notre organisation syndicale.
- BRIGADE DE CONTRÔLE DES DENRÉES IMPORTÉES : Aucune instruction n’a encore été mise en œuvre sur ce sujet. Pour Maud FAIPOUX, « Ne pourra avoir de concrétisation que lorsqu’une centaine d’agents seront disponibles… ». Une quinzaine d’inspection ont déjà été réalisées afin de tester comment pourrait travailler cette brigade, et quelle méthodologie pourrait être déployée.
- LAITS INFANTILES : on attend le RETEX pour en parler au CSA Alimentation. Une mission flash des parlementaires est en cours. Il s’agit d’un dossier complexe, avec de « mauvaises compréhensions » de ce qui a été fait. Il ne s’agit pas d’une alerte alimentaire classique, type TIAC.
- FRAIS DE DEPLACEMENT DES REFERENTS NATIONAUX ET DES PERSONNES RESSOURCES : toujours pas de communication des bilans 2024 et 2025, pourtant réclamé à de nombreuses reprises par notre organisation syndicale..

