Dialogue social au MAASA en 2025 : Carton jaune !

Le dialogue social serait-il mis en jachère au ministère de l’agriculture ?

L’année 2025 s’achève dans le silence au sein du ministère de l’Agriculture. Un silence qui n’a rien de serein, mais qui révèle une inquiétante dégradation du dialogue social, pourtant essentiel pour accompagner les agents de notre ministère et de ses établissements publics.

La CFDT-Agriculture constate avec amertume et vigilance que les pratiques du dialogue se sont durablement détériorées. Le ministère semble vouloir se soustraire à ses obligations élémentaires de transparence et respecte de moins en moins les instances…. Entre calendrier d’instances glissantes, pression pour agir et absence de réponses… Il est plus que probable que d’autres organisations syndicales se joindront à ce triste constat que l’on peut également faire dans nos établissements publics.

Les informations nécessaires à un débat éclairé et constructif ne sont plus communiquées en amont des réunions dans les délais réglementaires, que ce soit au Comité Social d’Administration (CSA) de notre ministère ou des opérateurs du MAASA ou encore dans les nombreux groupes de travail thématiques.

Lorsque les documents sont présentés en séance, l’administration considère non seulement que le seule présentation vaut parfois validation… car il y a « urgence à valider pour avancer » ! Le chantier sur la nouvelle bonification indiciaire en est un exemple, la revalorisation de l’IFSE, la charte des SEA, la clause de revoyure, la PSU, la QVCT… en sont d’autres !

Parlons-en de la QVCT d’ailleurs !

C’est un sujet majeur jusque-là maltraité ! Il y a quelques mois, il était urgent pour l’administration de programmer des groupes de travail qui finalement étaient déprogrammés, il était urgent de travailler un accord de méthode qui n’excluait pas nos agents de DDI, il était urgent de travailler un accord de méthode sans que l’administration déploie des moyens au moins identiques à ceux mis en place pour l’accord égalité diversité (une vraie réussite celui-ci)… Ce sont pour ces raisons que la CFDT dans son ensemble n’a pas souhaité signer l’accord de méthode cet été (cf notre précédent article) !

Alors que la CFDT-Agriculture ouvrait à nouveau la porte de la négociation avec la cheffe du SRH une semaine avant le dernier CSA ministériel, demandant les avancées pour les agents en DDI, il nous est répondu une semaine plus tard en CSA ministériel par la secrétaire générale qu’il n’y aura pas d’accord QVCT au MAASA ! L’urgence d’il y a quelques mois semble s’être évaporée… Notre administration chercherait-elle à évacuer le sujet dans sa complétude ? L’absence d’accord ne peut être imputable à « certaines » organisations syndicales.

Un dialogue social qui met volontairement les organisations syndicales en difficulté ?

Comment discuter sereinement des orientations stratégiques, de la gestion des crises, des conditions de travail ou de l’avenir des politiques agricoles sans les éléments de base ? Cette mauvaise qualité de dialogue vide de leur substance nos instances et les transforme en de simples réunions d’information descendante… Instances que l’administration ne semble plus considérer comme de véritables moments de concertation et de co-construction des sujets abordés.

Face à cette situation, la CFDT-Agriculture souhaite formuler quelques vœux pour 2026. Tout d’abord, un retour à un respect élémentaire des procédures et des personnels. Ensuite la restauration de la parole tenue, d’un partage de documents en temps utile. Que la voix de celles et ceux qui font vivre le service public de l’agriculture soit à nouveau écoutée et prise en compte.

En attendant que les vœux soient exaucés, l’ambiance est plutôt à la délivrance d’un carton jaune

Au-delà des vœux, la CFDT-Agriculture s’interroge avec gravité sur la démarche à adopter l’an prochain. Comment siéger sereinement dans des instances dont le fonctionnement est ainsi entravé ? Jusqu’où accepter un dialogue qui en porte de moins en moins le nom ? Devons nous collectivement envisager de nouvelles modalités d’échanges pour 2026, pour éviter que le dialogue actuel s’installe comme une normalité contraire à tout esprit de concertation ?

Évitons le carton rouge… La CFDT-Agriculture appelle solennellement la ministre à rétablir sans délai les conditions d’un dialogue social digne de ce nom. La crédibilité des politiques agricoles, le moral et l’investissement des agents dépendent grandement de la qualité des débats à mener.

En 2026, la CFDT-Agriculture sera particulièrement vigilante et active pour que le dialogue social renaisse.